
« En moins de vingt ans, constate le professeur Philippe Denis, chef du service d’ophtalmologie de l’hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon, et président de la Société française d’ophtalmologie (SFO), toutes les composantes de l’ophtalmologie ont été révolutionnées : la prise en charge des patients, l’organisation des soins, qui sont de plus en plus sophistiqués, et les traitements, qui ont bien évolué, dans le sens d’une plus grande efficacité, d’une réelle simplification, et ce pour presque toutes les pathologies de l’œil. »
Myopie, presbytie, cataracte, autant d’anomalies de la vision qui relèvent aujourd’hui de la chirurgie. Nul n’est d’emblée condamné à porter des lunettes : quelle que soit la situation (y compris en cas de troubles optiques associés), il existe des solutions potentielles pour s’en passer, grâce aux progrès de la chirurgie réfractive. Celle-ci utilise principalement le laser Lasik, qui vise à remodeler la cornée, et l’implantologie intra-oculaire. « L’objectif ancien de la chirurgie réfractive était d’améliorer l’acuité visuelle, mais actuellement, pour aller plus loin dans les résultats, on ne se contente pas d’améliorer la vision au maximum, on cherche également à obtenir une vision de qualité, souligne le professeur Denis. Le fait que l’on soit passé d’une chirurgie standard à une chirurgie personnalisée, “customisée”, permet de s’adapter aux spécificités de la cornée du patient et donc d’optimiser la qualité visuelle en postopératoire. »
> La myopie : le myope voit correctement de près et mal de loin. Les images, qui pour un problème de forme ou de taille de l’œil se forment en avant de la rétine, lui apparaissent floues. Pourquoi devient‑on myope ? Les causes sont diverses, mais les deux principaux éléments favorisants, outre l’âge, sont l’hérédité et des facteurs environnementaux. Il est ainsi prouvé que certaines myopies sévères – et, dans une moindre mesure, la myopie en général – sont liées à la génétique : lorsqu’il n’y a pas de myope dans la famille, le risque de le devenir est moins important. En France, on estime que 39 % de la population souffre de myopie à divers degrés*. Au quotidien, les lunettes et les lentilles assurent une bonne correction (lire également l’encadré « Une lentille de nuit… »).
La réponse chirurgicale : à l’aide du laser, on découpe au niveau de la cornée un petit capot qui est mis sur le côté et, toujours avec un laser, on aplatit le centre de la cornée afin de diminuer la longueur de l’œil, puis on referme. L’intervention, indolore, est réalisée sous anesthésie topique (autrement dit une anesthésie locale par instillation de gouttes), en ambulatoire (le patient entre et sort dans la journée). D’éventuelles sensations désagréables, comme une sécheresse oculaire, disparaissent rapidement. Si la myopie était stable avant l’opération, les résultats seront stabilisés en trois mois. « Pour les fortes myopies non corrigeables par laser, ajoute le professeur Denis, on utilise les implants intra-oculaires : ce sont des sortes de lentilles transparentes que l’on place directement dans l’œil, devant ou derrière la pupille, et qui permettent de corriger le trouble réfractif. »

La nouvelle chirurgie de l’œil, d’Yves Bokobza. Odile Jacob
(295 pages, 27 euros).

Sfo.asso.fr, le site de la Société française d’ophtalmologie (SFO) ;
Snof.org, le site du Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof).