Détecter une rétinopathie diabétique (risque de cécité) d’un patient à des kilomètres de l’hôpital Lariboisière à Paris, établir un diagnostic d’urgence d’accident vasculaire cérébral (AVC) entre Paris et Rennes, consulter à distance en psychiatrie à Rouen, en dermatologie à Besançon et en cancérologie en Midi-Pyrénées : tout cela existe déjà grâce à la télémédecine, dont les réseaux s’étendent d’année en année. Les meilleurs experts sont aux manettes, délivrant rapidement un diagnostic ou un second avis et assurant un meilleur suivi des patients.
On pourra bientôt disposer de peau humaine en quantité illimitée pour soigner les grands brûlés. Une première a récemment été réalisée par des chercheurs français, Marc Paschanski et Christine Baldeschi, qui ont transformé des cellules souches embryonnaires en épiderme. Issues de l’embryon ou du fœtus, celles-ci peuvent se renouveler à l’infini et donner naissance à n’importe quel type de cellules. C’est ainsi que des scientifiques travaillent, à partir de cellules souches, sur la régénération du tissu cardiaque après un infarctus. D’autres ont réussi à réparer des neurones sur des souris rendues parkinsoniennes, d’autres encore sont parvenus à faire pousser des dents de souris. Cela dit, il ne s’agit encore que d’essais sur l’animal.
Détecter une rétinopathie diabétique (risque de cécité) d’un patient à des kilomètres de l’hôpital Lariboisière à Paris, établir un diagnostic d’urgence d’accident vasculaire cérébral (AVC) entre Paris et Rennes, consulter à distance en psychiatrie à Rouen, en dermatologie à Besançon et en cancérologie en Midi-Pyrénées : tout cela existe déjà grâce à la télémédecine, dont les réseaux s’étendent d’année en année. Les meilleurs experts sont aux manettes, délivrant rapidement un diagnostic ou un second avis et assurant un meilleur suivi des patients.
La médecine prédictive et les progrès thérapeutiques vont engendrer des dépenses importantes. L’accès à ces nouvelles interventions sera–t-il possible pour tous ? Avant de se poser la question du coût du progrès médical, il est urgent de réfléchir aux conséquences de ces progrès sur notre représentation de la médecine. Le modèle qui associait une maladie à une cause et à un traitement est derrière nous. L’accès au séquençage du génome humain, l’apparition de nouveaux marqueurs vont permettre de disposer de nombreuses informations qui n’entraîneront pas forcément de prise en charge. Comment saurons-nous gérer cette nouvelle demande ? Le débat existe déjà autour du dépistage du cancer de la prostate. Si nous dépistons systématiquement, saurons-nous faire comprendre que, face à de petites lésions, il vaut mieux parfois surveiller sans intervenir ou ne risque-t-on pas au contraire de « surtraiter », avec des effets secondaires importants et sans bénéfice évident en termes de mortalité ? L’un des effets du progrès médical est de vivre plus vieux, mais souvent avec des maladies chroniques. Cela signifie qu’il faut accepter que l’objectif de la prise en charge ne soit pas forcément la guérison, mais l’accompagnement, l’apprentissage de la vie avec un certain nombre de handicaps.
Nous avons un peu évolué en matière de prévention, depuis que nous y sommes encouragés par des campagnes de santé publique : arrêter de fumer, manger moins salé et moins sucré, bouger plus, etc. Nous sommes passés d’une logique de prévention assez limitée à la chasse aux risques tous azimuts. Nous avons donc multiplié le nombre de conduites à risque à prévenir. Nous avons atteint aujourd’hui une limite en ce domaine, dans la mesure où la prévention s’assimile à la nécessité de modifier nos comportements individuels. Du coup, la maladie est de moins en moins perçue comme une fatalité, mais comme la seule conséquence de nos comportements. Attention, cela pourrait faire glisser notre mode de prise en charge. La notion de solidarité qui s’imposait quand la maladie était considérée comme une fatalité ne va-t-elle pas être remplacée par la seule responsabilisation individuelle ?
On appelle nanotechnologies l’ensemble des théories et des techniques permettant de produire et de manipuler des objets minuscules à l’échelle du nanomètre, c’est-à-dire du milliardième de mètre (un nanomètre est 30 000 fois plus fin que l’épaisseur d’un cheveu et 100 fois plus petit qu’une molécule d’ADN). Dans le champ de la recherche biomédicale, les nanosciences conduisent à une meilleure compréhension des phénomènes intervenant à une échelle de grandeur comprise approximativement entre 1 et 100 nanomètres, soit l’échelle de la biologie moderne (la taille des molécules, de l’ADN, des protéines ou des virus étant de cet ordre). On attend de nombreuses applications des nanotechnologies. Il existe d’ores et déjà des technologies d’imagerie permettant d’observer des processus biochimiques moléculaires normaux ou pathologiques à l’échelle de la cellule, ce qui ouvre la voie à une détection précoce de certaines maladies. Il existe également des médicaments issus des nanotechnologies : les nanoparticules. Celles-ci transportent une substance médicamenteuse et un agent de contraste au cœur de la cellule malade, ce qui permet de contrôler par imagerie le dosage du médicament et d’améliorer son efficacité. Certains centres de recherche, notamment dans le domaine du cancer, comme l’institut Gustave-Roussy, appliquent au quotidien cette stratégie thérapeutique.

Médecine, objectif 2035, de Paul Benkimoun. L’Archipel (374 pages, 24,95 euros).

www.e-cancer.fr : le site de l’Institut national du cancer (INCA)
www.igr.fr : le site de l’institut de cancérologie Gustave-Roussy.



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